BFM TV : Gabriel Attal veut changer de modèle pour redonner de la puissance à la France
Invité de 100% Politique sur BFM TV face à Sonia Mabrouk, Gabriel Attal a défendu sa vision pour l’élection présidentielle : sortir d’une campagne dominée par les stratégies d’appareil et les logiques de « barrage » pour confronter des projets et proposer un changement profond de modèle pour la France. Immigration, Ukraine, laïcité, institutions : il a détaillé plusieurs de ses positions et réaffirmé sa détermination à aller « jusqu’à la victoire ».

« Le barrage n’est pas un projet politique »
Réagissant aux résultats de l’extrême droite en Allemagne, Gabriel Attal y voit un « signal d’alarme » pour la France. Pour lui, la réponse aux extrêmes ne peut plus se résumer à appeler au barrage : elle doit passer par un projet capable de répondre concrètement aux préoccupations des Français.
Face aux bouleversements économiques, commerciaux et géopolitiques, il estime que la France est arrivée « au bout d’un modèle » et appelle à le transformer profondément plutôt qu’à « bouger quelques curseurs ».
« Les Français attendent qu’on leur parle d’eux, qu’on leur parle du pays, qu’on leur dise où on veut l’emmener. »
Changer profondément notre modèle migratoire
Sur l’immigration, Gabriel Attal assume le constat d’un échec collectif des dernières années. La France ne maîtrise pas suffisamment son immigration, qu’elle soit légale ou illégale. Il défend donc un changement de modèle avec une priorité donnée à l’immigration de travail et un durcissement des conditions du regroupement familial.
Il propose notamment que les partenaires sociaux identifient tous les deux ans les besoins de l’économie avant un vote du Parlement fixant des quotas limitatifs par secteur et par origine. Il souhaite également s’inspirer du système canadien d’immigration par points.
Sur l’Ukraine, défendre directement la sécurité des Français
Gabriel Attal a réaffirmé son soutien à l’Ukraine et vivement dénoncé la position du Rassemblement national. Revenant sur les déclarations de ses responsables en faveur d’un arrêt de l’aide française, il estime que le RN défend depuis plusieurs années les intérêts du régime de Vladimir Poutine.
Il rappelle notamment les positions passées de Marine Le Pen vis-à-vis de la Russie, la présence d’élus du RN lors de pseudo-référendums organisés autour de l’annexion de la Crimée, ainsi que les votes du parti contre plusieurs sanctions ou aides à l’Ukraine. Il souligne également le refus du RN de voter l’accord bilatéral de soutien à l’Ukraine qu’il avait présenté à l’Assemblée nationale lorsqu’il était Premier ministre.
« Le Rassemblement national est un parti qui défend les intérêts du régime du Kremlin. »
Pour Gabriel Attal, soutenir l’Ukraine ne relève pas uniquement de la solidarité : il s’agit directement de défendre la souveraineté et la sécurité de la France et de l’Europe. Il alerte sur les conséquences qu’aurait une victoire russe et estime que, si l’Ukraine venait à tomber, la menace pourrait directement se rapprocher des frontières de l’Union européenne.
Il propose enfin d’utiliser les avoirs russes gelés en Europe pour financer le soutien supplémentaire à l’Ukraine, afin que cet effort soit supporté par la Russie plutôt que par les contribuables européens.
Défendre la laïcité et protéger l’École de la République
Interrogé sur le voile, Gabriel Attal a réaffirmé sa conception de la laïcité : garantir à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire, sans instaurer d’interdiction générale du voile pour les femmes adultes.
Il défend en revanche une protection renforcée des mineurs et rappelle son attachement à la loi de 2004 interdisant les signes religieux ostensibles à l’École. Une ligne qu’il avait prolongée, lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale, en décidant d’interdire le port de l’abaya et du qamis dans les établissements scolaires, une décision ensuite confortée par le Conseil d’État.
Face à La France insoumise, qui souhaite revenir sur cette interdiction, Gabriel Attal assume une ligne claire : pas question de céder aux pressions religieuses et aux clientélismes. Pour lui, revenir sur l’interdiction de l’abaya reviendrait à fragiliser la loi de 2004 et à renoncer à faire de l’École un sanctuaire, protégé des pressions et des obscurantismes.
« Notre système est à bout de souffle »
Gabriel Attal a enfin défendu une transformation profonde des institutions pour retrouver davantage de liberté, de rapidité dans l’action publique et d’autorité de l’État. Il propose notamment de limiter à 18 mois les procédures qui bloquent certains projets et de faire évoluer les institutions pour rendre davantage de pouvoir aux Français.
À huit mois de l’élection présidentielle, il refuse de réduire la campagne aux sondages et aux stratégies de rassemblement. Il affirme vouloir continuer à aller sur le terrain et défendre un projet structuré autour de quatre « chantiers capitaux » : l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, avec une ambition : faire de la France la première puissance d’Europe en dix ans.
« Je vais continuer à me battre pour ça jusqu’à la victoire. »



