
Dans le JDD : Gabriel Attal veut proposer « la plus grande réforme institutionnelle depuis 1958 ».
Dans un entretien exclusif accordé au Journal du Dimanche, Gabriel Attal dévoile ce qu'il considère comme la clé de voûte de son projet politique : une transformation radicale de nos institutions. Pour lui, les blocages qui paralysent le pays trouvent leur origine dans un système devenu obsolète, empêchant la France d'avancer. Refusant la fatalité du déclin, il détaille une stratégie de rupture articulée autour de trois maux majeurs : l'impunité, la « vétocratie » et l'entre-soi. Son ambition est claire : refonder l'État pour redonner à la France la capacité d'agir et de se projeter vers l'avenir.
Rétablir l'autorité de l'État face à l'impunité
Pour Gabriel Attal, l'impunité fragilise l'autorité de l'État et nourrit un profond sentiment d'abandon chez les citoyens. Il propose des mesures choc pour rétablir l'ordre républicain, passant par la suppression du juge de l'application des peines et la fin des remises automatiques de peine. Il défend également une réécriture complète du Code de procédure pénale, la construction de nouvelles places de prison classées comme opérations d'intérêt national, ainsi qu'une évolution du cadre constitutionnel pour lutter plus efficacement contre la délinquance des mineurs.
« Une peine prononcée doit être une peine exécutée. »
Sortir de la vétocratie pour libérer ceux qui veulent faire
Gabriel Attal entend rompre avec un pays où ceux qui empêchent d'agir ont davantage de pouvoir que ceux qui veulent avancer. L'objectif est de remettre le pouvoir entre les mains de ceux qui construisent, investissent, entreprennent et innovent. Pour y parvenir, il promet une grande réforme institutionnelle soumise au vote des Français. Celle-ci intègrera l'inscription dans la Constitution d'un principe de rapidité avec un délai maximal de deux mois pour répondre aux porteurs de projets, la limitation stricte à dix-huit mois des recours administratifs, et une nouvelle organisation territoriale visant à déparisianiser la France pour renforcer le pouvoir des maires.
« Je veux que la France fonce à 140, pas qu'elle roule à 80. »
Mieux partager le pouvoir et en finir avec le « copinage »
Constatant que les Français ont le sentiment que les décisions sont systématiquement prises par les mêmes cercles, selon les mêmes logiques, Gabriel Attal veut rebâtir une démocratie plus directe et plus proche des territoires. Il souhaite redonner la parole aux citoyens et aux acteurs du terrain en instaurant une journée référendaire annuelle sur les grands choix du pays, tout en facilitant le recours aux référendums locaux. Il propose par ailleurs une réforme des nominations aux plus hautes fonctions de l'État pour restaurer la confiance publique, combinée à la création d'un spoils system à la française pour garantir que les responsables administratifs appliquent fidèlement le projet choisi par les électeurs.
« Mon objectif est de redonner le pouvoir aux Français, aux élus locaux et à ceux qui agissent sur le terrain. »
Un cap économique clair face aux oppositions
Au-delà de la transformation des institutions, Gabriel Attal fixe un cap: faire de la France la première puissance d'Europe d'ici dix ans. Il conditionne cette réussite à la conduite de quatre chantiers prioritaires que sont l'école, les salaires, les frontières et l'intelligence artificielle. Il rappelle à ce titre que si la France avait connu les mêmes gains de productivité que les États-Unis lors de la révolution numérique, le salaire médian national avoisinerait aujourd'hui 3 300 euros nets contre 2 200 euros actuellement.
« Les Français doivent pouvoir comparer nos projets, nos méthodes et nos choix. »
Mesures annoncées
- Faire du maire l'élu le plus puissant de France
- Instaurer une journée référendaire par an pour que les Français tranchent les grandes orientations du pays
- Plafonner à dix-huit mois toute procédure bloquant un projet
- Faciliter les référendums locaux
- Réformer les nominations aux hautes fonctions de l'État
- Limiter à deux mois maximum le délai pour répondre à un porteur de projet
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