Dans Le Monde : Gabriel Attal dévoile son projet pour faire notre École la meilleure d’Europe

À quelques jours de la rentrée scolaire, Gabriel Attal dévoile dans un entretien au Monde ses principales propositions pour l’École. Premier de ses quatre chantiers prioritaires, l’éducation doit selon lui redevenir une grande priorité nationale. Son ambition est claire : permettre à la génération qui entre aujourd’hui à l’école de bénéficier du meilleur système éducatif d’Europe. Pour y parvenir, il défend une réforme en profondeur fondée sur trois principes : élever le niveau, mieux reconnaître les enseignants et redonner de la stabilité et de l’autonomie à l’institution scolaire.

Gabriel Attal écoutant un jeune collégien

Donner enfin un cap stable à l’École

Pour Gabriel Attal, l’École ne peut plus avancer au rythme des changements de ministres et des réformes successives. Depuis 2022, sept ministres de l’Éducation nationale se sont succédés en quatre ans. Il propose donc qu’une loi de programmation pour l’École soit votée dès 2027, avec des objectifs et des moyens fixés dans la durée, et qu’elle soit conduite par un ministre de l’Éducation nationale maintenu en fonction pendant cinq ans.
L’objectif est de sortir de l’instabilité permanente et de donner à l’ensemble de la communauté éducative une direction claire pour le quinquennat.

« Je souhaite que, dès 2027, une loi de programmation pour l’école soit votée, pilotée par un ministre de l’éducation nationale qui restera en poste cinq ans. »

Moins de 20 élèves par classe et davantage de moyens pour les remplacements

Alors que la baisse démographique va entraîner une diminution du nombre d’élèves, Gabriel Attal refuse d’en faire une occasion de réaliser des économies sur l’École. Il veut au contraire utiliser cette évolution pour ramener les classes du primaire à moins de 20 élèves. Dans les collèges et les lycées, la baisse des effectifs doit permettre de recréer des postes de remplaçants.

« Certains voient dans ce phénomène l’occasion de faire des économies massives ; moi, je pense qu’on ne peut pas faire d’économie sur le dos de l’école. »

Revaloriser le salaire des enseignants

Gabriel Attal veut également répondre au déclassement du métier d’enseignant. Estimant que la profession a été progressivement « smicardisée », il propose une nouvelle revalorisation salariale de 200 euros nets par mois pour les enseignants, pouvant atteindre 500 euros nets par mois pour les enseignants en milieu de carrière. Cette augmentation serait financée notamment par des économies réalisées sur les dépenses sociales.

L’objectif est à la fois de mieux reconnaître les enseignants, de renforcer l’attractivité du métier et de restaurer la confiance de ceux qui font vivre l’École au quotidien.

« Le métier a été progressivement smicardisé. »

Un certificat d’études pour entrer en 6e et une année passerelle pour consolider les fondamentaux

Pour Gabriel Attal, aucun élève ne doit arriver au collège sans disposer des connaissances indispensables pour y réussir. Il propose donc de rétablir un certificat d’études à l’entrée en 6e. Les élèves qui n’auraient pas encore le niveau nécessaire ne seraient pas exclus du collège : ils bénéficieraient d’une année passerelle destinée à rattraper les fondamentaux. Il veut également agir plus tôt sur les difficultés scolaires, notamment à travers l’apprentissage de la lecture dès la maternelle.

La même exigence s’appliquerait à la fin du collège : l’obtention du brevet deviendrait obligatoire pour passer en seconde. L’objectif est de rompre avec une logique dans laquelle les difficultés peuvent s’accumuler année après année sans avoir été résolues.

« Parler d’exigences en matière de niveau, c’est une politique républicaine. »

Transformer le collège pour mieux lutter contre les inégalités

Le collège constitue le deuxième grand axe de son projet éducatif. Gabriel Attal considère que la promesse du collège unique d’élever le niveau tout en réduisant les inégalités n’est aujourd’hui plus tenue. Il propose notamment de fermer les 100 collèges qui concentrent le plus fortement les difficultés scolaires et sociales, puis de répartir leurs élèves dans d’autres établissements afin de favoriser à la fois la mixité sociale et la réussite scolaire.

Il veut parallèlement généraliser les groupes de niveau en français et en mathématiques, tout en laissant davantage de souplesse aux établissements dans leur organisation. L’objectif est de permettre aux élèves en difficulté de consolider leurs fondamentaux et à ceux qui maîtrisent davantage les acquis de progresser plus rapidement.

Différencier un quart du temps scolaire en 4e et en 3e

Gabriel Attal souhaite enfin construire un collège davantage adapté aux besoins et aux aspirations de chaque élève. En 4e et en 3e, un quart du temps scolaire serait différencié : certains élèves pourraient suivre davantage de matières professionnelles et technologiques, tandis que d’autres bénéficieraient d’un approfondissement dans certaines disciplines.

Cette évolution doit permettre de sortir d’un modèle uniforme et d’accompagner plus progressivement les élèves dans la construction de leur parcours et de leur orientation.

Plus de liberté, mais aussi plus de responsabilité pour les établissements

Enfin, Gabriel Attal veut renforcer l’autonomie des établissements, y compris dans le primaire. Dans le secondaire, chaque chef d’établissement aurait notamment la responsabilité de construire une organisation garantissant les remplacements de courte durée, avec la participation des enseignants.

Derrière ces propositions, Gabriel Attal défend une même ambition : retrouver une École exigeante sur les savoirs, capable de réduire les inégalités, qui reconnaît davantage ses enseignants et dispose enfin de la stabilité nécessaire pour réformer dans la durée.

« Mon objectif est que la génération qui y entre aujourd’hui ait le meilleur système éducatif d’Europe et que la France caracole en tête des classements PISA dans dix à quinze ans. »

Mettre l’intelligence artificielle au service du savoir

Gabriel Attal veut faire de l’intelligence artificielle un outil au service de l’apprentissage, et non un moyen de se substituer au travail de l’élève. Il propose d’abord de former 100 % des enseignants à l’intelligence artificielle, afin qu’ils puissent en maîtriser les usages et accompagner les élèves face à cette transformation.

Il souhaite également mettre gratuitement à disposition de chaque élève un assistant d’intelligence artificielle sécurisé, souverain et validé par l’Éducation nationale. Cet outil pourrait réexpliquer une notion mal comprise, proposer des exercices adaptés au niveau de l’élève ou encore identifier ses lacunes afin de l’aider à progresser.

L’objectif est de tirer parti de la capacité de l’intelligence artificielle à personnaliser l’apprentissage tout en fixant une limite claire : l’IA doit aider l’élève à comprendre et à apprendre, jamais faire le travail à sa place.

Et surtout à l’heure de l’IA et du numérique, il propose de lancer un « plan Voltaire », dès le plus jeune âge : 30 minutes au début de chaque journée, de développement de l’esprit critique, de recul sur l’actualité et les sources, d’argumentation.

Derrière ces propositions, Gabriel Attal défend une même ambition : retrouver une École exigeante sur les savoirs, capable de réduire les inégalités, qui reconnaît davantage ses enseignants, s’adapte aux transformations technologiques et dispose enfin de la stabilité nécessaire pour réformer dans la durée.


Questions fréquentes

Quelle revalorisation salariale Attal propose-t-il pour les enseignants ?
Gabriel Attal propose une augmentation de 200 euros nets par mois pour les enseignants, pouvant atteindre 500 euros nets par mois pour ceux en milieu de carrière.
Qu'est-ce que le certificat d'études proposé par Gabriel Attal ?
Il s'agit d'un examen à l'entrée en 6e. Les élèves sans le niveau requis bénéficieraient d'une année passerelle pour consolider les fondamentaux avant d'intégrer le collège.
Que prévoit Attal pour la stabilité de l'Éducation nationale ?
Il propose une loi de programmation pour l'École votée dès 2027, conduite par un ministre maintenu en poste cinq ans, afin de sortir de l'instabilité permanente.
Quelle place l'intelligence artificielle occupe-t-elle dans son projet éducatif ?
Gabriel Attal veut former 100 % des enseignants à l'IA et mettre à disposition de chaque élève un assistant IA sécurisé, validé par l'Éducation nationale, pour personnaliser l'apprentissage.
Que propose Attal pour transformer le collège et réduire les inégalités ?
Il propose de fermer les 100 collèges concentrant le plus de difficultés, de généraliser les groupes de niveau en français et en mathématiques, et de différencier un quart du temps scolaire en 4e et en 3e.
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