Gabriel Attal veut faire de la France la 1ere puissance d’IA d’Europe dans Les Échos

Dans un grand entretien aux Échos, Gabriel Attal alerte sur le retard technologique de France et appelle à un changement de cap. Intelligence artificielle, retraites, budget de l’État : intelligence artificielle, retraites, budget de l’État :il met sur la table plusieurs propositions fortes et précise peu à peu sa vision pour l’avenir du pays : une vision dans laquelle la souveraineté technologique ne serait pas seulement un enjeu stratégique, mais aussi un levier pour la vie quotidienne des Français : leur pouvoir d’achat, la qualité des services publics et la capacité de la France à peser face aux grandes puissances mondiales.

Portrait en plan moyen de Gabriel Attal assis dans un fauteuil gris à l'intérieur d'un bureau officiel. Il porte un costume bleu marine, une chemise blanche et une cravate assortie. À l'arrière-plan, on aperçoit une bibliothèque blanche remplie de livres ainsi que le drapeau européen et le drapeau français.

Investir dans l’avenir : un « Plan France 2040 » de 200 milliards

La première mission de l'État est d'assurer sa souveraineté et sa prospérité future pour rehausser le niveau de vie des citoyens. Face au plan de 655 millions d'euros annoncé par le gouvernement, jugé honorable mais largement insuffisant, Gabriel Attal propose que, d’ici 10 ans, la France devienne, de façon incontestable, la première puissance européenne en matière d’IA et qu'elle ait la capacité de rivaliser avec les États-Unis et la Chine. Pour ce plan d'ampleur, il convient de viser un objectif de 200 milliards d'euros, partagé à parité stricte entre le financement public et privé. Pour que cet argent serve directement la croissance, il propose de rompre avec la culture de la subvention pour adopter une logique de contrat et de commande publique, indispensable pour faire émerger les géants de demain à l'instar de ce que l'administration américaine a réalisé avec SpaceX.

« On a les idées et les talents. Le problème, c’est que l’on n’a pas le capital. »

Refonder le cadre fiscal, libérer l'innovation et garantir l'accès à l'énergie

Au-delà du soutien aux seuls concepteurs, Gabriel Attal estime que notre économie doit accélérer la diffusion de ces outils dans l'ensemble de son tissu de PME et d'ETI. Pour moderniser les entreprises françaises, il propose la création d’un crédit d’impôt productivité qui permettrait de financer l’adoption, la généralisation et la diffusion de l’IA dans les entreprises françaises. Parallèlement, il appelle à revoir en profondeur l'AI Act européen, qu'il juge déséquilibré au détriment de la liberté d'entreprendre, et qui agit comme un boulet aux pieds de nos structures face aux concurrents américains et chinois. Enfin, conscient que l'accès à l'énergie est un facteur hautement stratégique pour le développement des centres de calcul, il prend un engagement de stabilité tarifaire sur le prix de l'électricité pour les cinq prochaines années.

Financer l'avenir par des économies budgétaires, la capitalisation et la stabilité fiscale

Pour Gabriel Attal, le financement de notre souveraineté technologique ne doit plus reposer sur l'impôt, mais indexé sur la responsabilité budgétaire, d'autant que la dissolution a effacé un quart des baisses d'impôts pro-entreprises appliquées depuis 2017. Il refuse d'alourdir la fiscalité et propose de financer les investissements d'avenir par des économies structurelles, notamment en s'attaquant aux dépenses d'arrêts maladie jugées hors de contrôle et en gelant les prestations sociales, y compris une partie des retraites. En parallèle, pour lever des fonds privés de long terme sans endetter le pays, il défend l'introduction de la retraite par capitalisation. Il demande le fléchage obligatoire de 50 % de l’intéressement et de la participation des salariés vers des plans d’épargne retraite afin de financer durablement l'innovation.

Reconstruire la souveraineté industrielle et "désaméricaniser" nos solutions technologiques

Face à la dépendance actuelle envers les puces Nvidia ou le logiciel Palantir à la DGSI, Gabriel Attal assume une stratégie de rupture pour bâtir un écosystème national et européen fort. Pour le fleuron national de l'IA : Mistral, dont la dernière levée de fonds reste loin des géants américains, l'État doit accentuer massivement son soutien. Cette souveraineté passe aussi par la construction d'une indépendance sur les puces électroniques grâce au soutien des start-up tricolores émergentes comme Sipearl ou Arago qui, si on les accompagne, pourront rivaliser avec les plus grands dans les cinq ans. Enfin, il appelle à porter ce plan à l'échelle continentale en créant l'équivalent d'une politique agricole commune pour l'IA, adossée à un endettement commun européen afin de propulser la puissance de calcul européenne de 3 % à 20 % du niveau mondial.

Une nation de scientifiques au service du pouvoir d'achat et de l'avenir

Pour soutenir cette ambition, Gabriel Attal veut replacer l'école et les sciences au cœur du projet national, rappelant ses réformes passées comme l'introduction de la méthode de Singapour ou l'épreuve anticipée de mathématiques en première. Il fixe un objectif national d'urgence consistant à former 20 millions de salariés français à l'IA d'ici à 2030 afin que l'IA reste au service de l'homme et non l'inverse. Sur le terrain des salaires, l'un de ses quatre chantiers capitaux avec l'école, les frontières et l'IA, il refuse la piste d'une TVA sociale patronale et annonce travailler sur un scénario de réduction directe des cotisations salariales pour rapprocher efficacement le net du brut.

« Cette décision vient confirmer que sur l’IA, il n’y aura que deux camps possibles : les gagnants et les perdants. »



Questions fréquentes

Quel est le montant du plan IA proposé par Gabriel Attal ?
Gabriel Attal propose un plan de 200 milliards d'euros, financé à parité stricte entre fonds publics et fonds privés, pour faire de la France la première puissance européenne en IA d'ici dix ans.
Comment Attal veut-il aider les PME à adopter l'intelligence artificielle ?
Il propose la création d'un crédit d'impôt productivité destiné à financer l'adoption et la diffusion de l'IA dans les PME et ETI françaises.
Comment Gabriel Attal envisage-t-il de financer ces investissements sans alourdir les impôts ?
Il propose de financer les investissements d'avenir par des économies structurelles, notamment sur les dépenses d'arrêts maladie, et par l'introduction de la retraite par capitalisation pour lever des fonds privés de long terme.
Quelle est la position d'Attal sur l'AI Act européen ?
Gabriel Attal appelle à revoir en profondeur l'AI Act européen, qu'il juge déséquilibré au détriment de la liberté d'entreprendre face aux concurrents américains et chinois.
Quel objectif de formation à l'IA Gabriel Attal fixe-t-il pour les salariés ?
Il fixe un objectif de formation de 20 millions de salariés français à l'IA d'ici 2030, afin que l'IA reste au service de l'homme.
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