Dix ans après le Brexit : le constat d'un échec

Dix ans après le référendum britannique, l'heure est au bilan. Ce qui avait été salué par les partisans du Brexit comme un acte de libération nationale s'est transformé, selon Gabriel Attal, en « dix ans de purgatoire, d'instabilité et de déclin ». La croissance promise n'a jamais été au rendez-vous, le PIB britannique reste durablement pénalisé par la sortie du marché commun, le commerce extérieur s'est affaibli et le Royaume-Uni demeure étroitement dépendant de l'Union européenne. À cela s'ajoute un isolement stratégique croissant, entre des liens distendus avec le continent et des États-Unis qui se détournent progressivement de l'Europe.

 « Dix ans plus tard, ce qui devait être un acte de libération de la Grande-Bretagne s'est transformé en dix ans de purgatoire, d'instabilité et de déclin. »

Gabriel Attal rappelle également que, depuis plusieurs années, une majorité de Britanniques regrette désormais le Brexit et souhaite renouer avec l'Union européenne. Mais cette rupture n'a pas seulement affaibli le Royaume-Uni : elle a également coûté à l'Europe, en ralentissant les coopérations, en multipliant les obstacles administratifs et en privant les Européens d'un partenaire majeur à un moment où la puissance est redevenue le principal rapport de force dans les relations internationales.

Une nouvelle relation pour préparer le retour du Royaume-Uni

 Pour Gabriel Attal, le contexte international impose de dépasser les fractures du passé. Depuis le Brexit, la guerre est revenue sur le continent européen, les démocraties libérales sont contestées, les puissances autoritaires renforcent leur influence et la révolution de l'intelligence artificielle transforme les dépendances technologiques en vulnérabilités stratégiques. Dans ce nouveau monde, ni l'Europe ni le Royaume-Uni ne peuvent durablement prospérer séparément. Les Britanniques demeurent des alliés essentiels, partageant avec les Européens une même conception de la liberté, de l'État de droit et de la sécurité. Leur engagement constant en faveur de l'Ukraine illustre leur rôle central dans la défense du continent. C'est pourquoi Gabriel Attal estime qu'il est désormais temps d'ouvrir une nouvelle étape dans la relation entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, avec un objectif clair : préparer les conditions d'une future réadhésion, qui devra naturellement être voulue par les Britanniques eux-mêmes et respecter les règles de l'Union.

Réformer l'Union pour bâtir une « Europe des coalitions »

 Cette réadhésion ne pourra toutefois pas se faire dans l'Europe d'hier. Gabriel Attal rappelle que le Brexit est aussi le symptôme d'une Union européenne qui était devenue, aux yeux de nombreux citoyens, trop souvent synonyme de normes, de contraintes et de paralysie. Si l'Europe a commencé son réveil stratégique, ses règles institutionnelles demeurent inadaptées aux défis actuels. Le principe de l'unanimité conduit trop souvent à des compromis minimaux plutôt qu'à des décisions ambitieuses. Pour rendre l'Union plus efficace et plus attractive, Gabriel Attal propose de bâtir une « Europe des coalitions ». Dans cette Europe renouvelée, les États volontaires pourraient avancer ensemble, thème par thème, investir, coopérer et aller plus loin sans être bloqués par ceux qui ne souhaitent pas participer immédiatement. Les autres États pourraient rejoindre ces initiatives au fur et à mesure. C'est dans cette Europe plus agile que le Royaume-Uni retrouverait toute sa place, notamment sur les grands enjeux de défense, d'innovation et d'intelligence artificielle.

« Je n'ai qu'un objectif : la puissance de la France. Et cette puissance passe par l'Europe. Par une Europe à nouveau complète, avec la Grande-Bretagne en son sein. Par une Europe renouvelée, qui choisit l'efficacité et les coalitions plutôt que les compromis minimaux. C'est la condition pour peser. »

Une vision de la puissance européenne au service de la France

Au-delà du seul Brexit, cette tribune esquisse une vision plus large de l'avenir de l'Union européenne. Pour Gabriel Attal, la puissance de la France passe désormais par une Europe capable d'agir rapidement, de fédérer les États qui souhaitent avancer et de redevenir suffisamment attractive pour permettre, un jour, le retour du Royaume-Uni en son sein. Il ne s'agit pas de revenir au statu quo d'avant 2016, mais de construire une Union plus efficace, plus stratégique et davantage tournée vers la puissance.


À lire aussi

  1. Face aux canicules : Gabriel Attal veut faire de la géoénergie le grand projet énergétique de la France du XXIe siècle

  2. Gabriel Attal à Tarbes aux côtés des Français

  3. Gabriel Attal dans les Yvelines : l'intelligence artificielle au service de l'agriculture

Aperçu de l'app campagne

la campagne au creux de votre main

Téléchargez l’app campagne ou rejoignez directement depuis le web. Les prochaines mobilisations, les actualités terrain, les rendez-vous près de chez vous, en quelques secondes.