
Gabriel Attal : « C’est la responsabilité de ma génération de faire les États-Unis d’Europe »
Dans un entretien accordé à L’Express ce mardi 27 octobre, Gabriel Attal présente son projet d’États-Unis d’Europe. Face à la concurrence des grandes puissances mondiales, il défend la création d’une économie européenne commune, capable de renforcer la prospérité, l’indépendance et la souveraineté du continent. Une ambition qui repose sur une intégration économique, technologique et écologique renforcée.
Construire les États-Unis d’Europe pour retrouver la puissance européenne
Face à la montée en puissance des États-Unis et de la Chine, Gabriel Attal appelle l’Europe à franchir une nouvelle étape de son intégration. Son objectif : créer les États-Unis d’Europe, autour d’une avant-garde de pays volontaires, pour bâtir une véritable puissance économique, écologique et technologique.
« Nos grands-parents ont fait un marché commun, nos parents ont fait une monnaie commune. La responsabilité de ma génération, c’est de faire une économie commune », affirme-t-il.
Pour concrétiser cette ambition, Gabriel Attal souhaite supprimer les barrières réglementaires et économiques qui fragmentent encore le marché européen. Aujourd’hui, les entreprises doivent composer avec 27 droits du travail, 27 systèmes fiscaux et 27 systèmes bancaires nationaux.
Il propose ainsi de mettre en place une union bancaire, une union des marchés de capitaux, un régulateur commun et un produit d’épargne européen, afin de faciliter les investissements et le développement des entreprises à l’échelle du continent.
Faire de l’Europe une puissance technologique et écologique
Au cœur de ce projet figure une priorité : faire de l’Europe la première puissance technologique mondiale. Gabriel Attal propose de mobiliser des investissements massifs dans les secteurs stratégiques et les technologies d’avenir, afin de permettre aux entreprises européennes de rivaliser avec les grands acteurs internationaux.
Cette ambition s’accompagne d’un volet écologique. Les États-Unis d’Europe reposeraient sur une planification écologique commune, destinée à sécuriser les approvisionnements, à développer la première économie circulaire mondiale et à financer l’adaptation au changement climatique, notamment grâce à un mécanisme de dette commune.
Pour Gabriel Attal, cette nouvelle organisation permettrait d’accélérer considérablement la transformation du continent :
« L’émergence d’États-Unis d’Europe pourrait permettre de faire en 10 ans ce que l’Union européenne, telle qu’elle est aujourd’hui, accomplirait en 50 ! »
Un projet démocratique soumis aux Européens par référendum
Gabriel Attal souhaite faire de la légitimité démocratique un principe central de son projet. S’il est élu président de la République en 2027, il prévoit de présenter les États-Unis d’Europe devant le Conseil européen dès le début de son mandat.
Il fixe un calendrier de trois ans pour organiser les premières étapes de cette transformation : élaboration d’un traité, définition d’une nouvelle organisation institutionnelle et lancement de grands investissements dans les secteurs innovants.
Le projet serait ensuite soumis à un référendum paneuropéen, afin de permettre aux citoyens européens de se prononcer directement sur cette nouvelle étape de la construction européenne.
Une ambition qui suscite l’intérêt de responsables européens
Depuis son discours de Reims consacré aux États-Unis d’Europe, Gabriel Attal indique avoir reçu plusieurs messages de soutien de responsables politiques européens. Parmi eux figure notamment Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge, ainsi que des élus issus des groupes PPE, socialistes, verts et Renew.
Selon Gabriel Attal, plusieurs propositions, notamment celles concernant l’innovation et le désendettement, suscitent également l’intérêt de dirigeants européens.
Il souligne toutefois que la France devra d’abord démontrer sa capacité à rétablir ses finances publiques pour convaincre ses partenaires de s’engager dans de nouveaux mécanismes de financement commun.
« Avant d’aller parler d’endettement commun aux autres pays européens, nous devons leur montrer que nous sommes capables de rétablir nos comptes. C’est un enjeu de crédibilité. »
Une nouvelle étape pour la construction européenne
Avec son projet d’États-Unis d’Europe, Gabriel Attal défend une transformation du fonctionnement de l’Union européenne, fondée sur une intégration économique plus poussée et des investissements communs dans les secteurs stratégiques.
Son ambition est de dépasser le marché unique et la monnaie commune pour construire une économie européenne commune, capable de soutenir l’innovation, d’accélérer la transition écologique et de réduire les dépendances du continent.
Cette proposition s’inscrit dans sa vision d’une Europe davantage intégrée, dont les contours institutionnels et les modalités de mise en œuvre devraient être précisés dans le cadre des discussions entre États membres.



