Gabriel Attal sur BFM TV : rebâtir la justice et protéger les enfants
Invité sur le plateau de BFM TV, Gabriel Attal, détaille ses propositions en matière de justice. Il défend une refonte du système judiciaire articulée autour d'une union sacrée pour la protection de l'enfance. Il refuse la politique politicienne, affirmant la responsabilité de l'État qui n'a pas su protéger les plus vulnérables, et propose un nouveau modèle de rupture pour le service public de la justice.

1. La refonte judiciaire : une exigence de fermeté et d'application des peines
Face aux défaillances majeures constatées, Gabriel Attal refuse le statu quo réglementaire. Si le budget de la justice a connu une hausse inédite de 50 % depuis 2016, il estime qu'il faut aller plus loin en réorganisant totalement le système de peines. Pour restaurer la confiance des citoyens envers le service public de la justice, Gabriel Attal défend un changement radical de notre système judiciaire axé sur la sévérité, l'efficacité et l'application stricte des sanctions. Son programme impose d'abord l'imprescriptibilité totale pour tous les crimes commis contre les mineurs afin que le temps ne soit plus un obstacle à la justice. Il exige ensuite un alourdissement significatif des peines pour les viols en série. Enfin, pour garantir la pleine crédibilité de la sentence, il plaide pour la suppression définitive du juge d'application des peines. Selon lui, la France a trop tendance à rejuger et amoindrir des sanctions pourtant déjà décidées, et cette réforme de rupture permettra non seulement de faire respecter strictement la décision initiale mais aussi de libérer des postes de magistrats pour les redéployer là où le manque se fait cruellement sentir.
« On a trop tendance en France à rejuger des choses qui ont déjà été jugées avec des peines qui sont amoindries, alors que vous avez un jugement qui a décidé. Le jugement doit être appliqué, point barre. »
2. La protection de l'enfance : généraliser l'attestation d'honorabilité
Pour faire de la sécurité des enfants une réalité non négociable, Gabriel Attal s'appuie sur les mécanismes qu'il a initiés en tant que Premier ministre, notamment le décret signé en 2024 exigeant une attestation d'honorabilité, qui garantit qu'une personne n'ait jamais fait l'objet d'une condamnation l'empêchant d'exercer ou d’intervenir auprès des mineurs. Ce décret initial, ayant permis d'écarter ou de licencier 6 000 individus à risque dans les crèches et les foyers de l'aide sociale à l'enfance, doit devenir la norme absolue. Il propose d'étendre obligatoirement l'exigence de cette attestation d'honorabilité liée au fichier des infractions sexuelles (FIJAIS) à l'ensemble des employeurs en contact avec le jeune public, y compris les sociétés de transports scolaires.Il souhaite également ouvrir la possibilité d'exigé cette attestation pour directement aux parents lors du recrutement de baby-sitters.
« La mesure que j'ai prise par décret avec mon gouvernement [la demande d'attestation d'honorabilité à l'ensemble des employeurs en contact avec le jeune public] il faut l'étendre à tous les employeurs qui accueillent des jeunes enfants. »
3. L'autorité et les mineurs : mettre fin à l'impunité
Constatant un rajeunissement et une course à la violence débridée, notamment alimentée par les réseaux sociaux, Gabriel Attal réaffirme son triptyque d'autorité : « Tu casses, tu répares. Tu salis, tu nettoies ». Face aux limites du droit actuel, il s'engage à mener à bien les réformes interrompues par la dissolution de 2024. Son projet prévoit l'instauration d'une procédure de comparution immédiate pour les mineurs, aujourd'hui inexistante. Pour rompre définitivement avec le sentiment d'impunité, il propose d'atténuer l'excuse de minorité pour les actes les plus graves et de retenir la responsabilité directe des parents.
« Ce n'est pas rendre service aux jeunes que de donner le sentiment qu'il y a une forme d'impunité. »
4. Éradiquer la lenteur administrative grâce à l'IA
Le fonctionnement de la justice souffre d'une lenteur et d'une déconnexion technologique inacceptables. Pour y remédier, Gabriel Attal propose de fixer des limites de délais pour les enquêtes et les premiers actes judiciaires, tout en modernisant massivement les outils de travail des personnels. Le plan de modernisation prévoit l'intégration de l'intelligence artificielle à tous les niveaux pour l'étude rapide des dossiers et l'analyse des éléments à charge et à décharge. Cette transition technologique vise de libérer du temps humain et à remplacer définitivement la circulation des dossiers papier et les systèmes d'antécédents obsolètes.
« Il faut évidemment moderniser totalement nos systèmes. Il faut qu'il y ait de l'IA à tous les étages. Ce n'est pas normal qu'on ait encore des personnels de la justice qui soient mobilisés pour faire des synthèses. »



