Dans La Tribune Dimanche : Gabriel Attal appelle à briser la tenaille RN-LFI

Dans une tribune publiée ce week-end dans La Tribune Dimanche, Gabriel Attal alerte sur un scénario que beaucoup présentent comme inéluctable : l'affrontement entre La France insoumise et le Rassemblement national. Il faut être lucide : c'est un risque, mais être lucide, c'est aussi voir clair dans le jeu des extrêmes, car c'est en réalité leur scénario rêvé. Derrière leurs oppositions apparentes, ces deux forces politiques ont besoin l'une de l'autre.

Gabriel Attal en costume à la tribune portant le slogan "La force d'agir", souriant face à une foule de militants qui agite des drapeaux français et européens devant un grand drapeau tricolore.
Gabriel Attal appelle à une rupture profonde pour redonner espoir aux Français et éviter un second tour entre les extrêmes.

Voir clair dans le jeu des extrêmes : un pacte du chaos

Dans les colonnes de La Tribune Dimanche, Gabriel Attal décrypte les mécanismes de ce duel faussement fatal. D'un côté, LFI pense pouvoir devenir le premier parti d'opposition en cas de victoire du RN, imaginant qu'au rayon du « on les a tous essayés », les insoumis seront les suivants sur la liste. De l'autre, le RN rêve de se retrouver face à LFI pour obtenir une victoire qu'il juge plus certaine que face à n'importe quel autre candidat.

Ce pacte du chaos n'a rien d'étonnant tant ils partagent les mêmes méthodes. Jean-Luc Mélenchon est décrit comme le nouveau Trump français qui, par son culte de la personnalité, sa stratégie du chaos permanent et sa délégitimation constante des contre-pouvoirs, emprunte au président américain les mêmes ressorts. Le RN de Jordan Bardella et Marine Le Pen se glisse quant à lui dans des habits poutiniens, toujours prêt à relayer en France la propagande anti-Ukraine du Kremlin et à s'en prendre à nos institutions ainsi qu'à l'indépendance de la Justice à chaque occasion.

« Tant de Français me disent leur angoisse d'un second tour entre le RN et LFI. Je les comprends, et je leur fais une promesse : je ferai tout, de toutes mes forces, pour l'éviter. Parce-que notre pays ne s'en relèverait pas. »

Certains affirment que ce scénario est déjà écrit et qu'il serait impossible d'empêcher cette mécanique. Gabriel Attal rappelle avoir déjà entendu ce discours lors d'échéances passées et oppose les faits à cette fatalité : alors qu'en 2024 le RN devait gagner et LFI être la seule opposition, aujourd'hui l'extrême droite ne gouverne pas la France et les insoumis comptent moins de députés qu'avant la dissolution. Le duo des extrêmes n'a donc pas triomphé. Les extrêmes ne sont jamais invincibles.

La rupture : assumer de réformer un système à bout de souffle

Pour empêcher le face-à-face dont rêvent LFI et le RN, les calculs électoraux et les accords d'appareils ne suffiront pas. Faire barrage ne suffit plus. Les Français n'en peuvent plus de voter contre les extrêmes, contre le scénario du pire et contre les projets de haine ou de division. Ils veulent désormais voter pour un projet, pour un espoir et pour un changement profond.

Le vrai enjeu réside dans le fait que si les extrêmes menacent, ce n'est pas parce que leurs idées rassemblent, mais parce qu'ils prospèrent sur les ruines d'un système économique, politique et institutionnel à bout de souffle. Ne pas voir ce besoin de changement et vouloir maintenir ce modèle sous respirateur artificiel revient à garantir une victoire aux extrêmes tôt ou tard.

« Changer en profondeur ce qui doit l'être, rompre avec ce qui ne fonctionne plus, avoir le courage de le dire et la force de le faire, c'est créer un élan suffisamment fort pour briser cette tenaille. »

Il faudra pour cela dépasser les non-dits, briser des tabous et embrasser pleinement les grands enjeux du moment. Gabriel Attal appelle à rompre avec une vétocratie qui bloque tout, avec un système qui nous empêche d'avancer, et avec les vieux réflexes politiques, claniques ou corporatistes qui détruisent la confiance des citoyens. C'est avec cet esprit de rupture que le pays pourra reconstruire un vrai élan national et proposer des vies meilleures.

Un rassemblement populaire autour de quatre chantiers capitaux

Mais si le risque d'un second tour opposant le RN et LFI est avéré, la rupture seule ne suffira pas et il faudra aussi rassembler pour se donner de la force. Gabriel Attal réaffirme sa volonté de réunir d'abord ceux avec qui il partage les mêmes valeurs, rappelant qu'il n'a peur d'aucun débat ni d'aucune méthode pour permettre cette union début 2027. Il insiste sur le fait qu'il ne fera jamais partie de ceux qui confondent partenaires et adversaires. Ses seuls ennemis politiques sont le Rassemblement National et la France Insoumise.

Ensuite, face à ceux qui prônent un rassemblement de la droite et du centre, il répond qu'il n'y est pas hostile mais juge cette union trop étroite. Car pour gagner, il ne faut pas calculer, exclure ou saucissonner les Français en tranches électorales. Il faut parler à tout le peuple, ouvrir et accueillir au-delà des étiquettes partisanes. Il rappelle qu'il n'est pas candidat pour faire barrage, mais pour redonner espoir aux Français et faire de la France la première puissance d'Europe à travers quatre chantiers capitaux : l'École, les salaires, les frontières et l'intelligence artificielle.

« L'histoire n'est jamais écrite d'avance. À nous de l'écrire. »


Questions fréquentes

Pourquoi Attal parle-t-il d'un pacte du chaos entre RN et LFI ?
Gabriel Attal estime que RN et LFI ont besoin l'un de l'autre : LFI espère devenir la première opposition en cas de victoire du RN, tandis que le RN juge une victoire face à LFI plus certaine que face à tout autre candidat.
Comment Attal compare-t-il Mélenchon et le RN à des figures étrangères ?
Il décrit Jean-Luc Mélenchon comme un nouveau Trump français par son culte de la personnalité et sa stratégie du chaos. Il présente le RN comme adoptant des habits poutiniens en relayant la propagande anti-Ukraine du Kremlin.
Quels sont les quatre chantiers capitaux mis en avant par Gabriel Attal ?
Gabriel Attal cite quatre chantiers : l'École, les salaires, les frontières et l'intelligence artificielle, dans le but de redonner espoir aux Français et de faire de la France la première puissance d'Europe.
Que répond Attal à ceux qui jugent le duel RN-LFI inévitable en 2027 ?
Il oppose les faits à cette fatalité : en 2024, le RN n'a pas gouverné la France et LFI compte moins de députés qu'avant la dissolution. Il en conclut que les extrêmes ne sont jamais invincibles.
Quel rassemblement Gabriel Attal appelle-t-il à construire pour 2027 ?
Attal souhaite rassembler au-delà des étiquettes partisanes, en parlant à tout le peuple. Il juge une union limitée à la droite et au centre trop étroite pour gagner, et refuse de calculer ou d'exclure des Français.
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