Gabriel Attal veut remettre l’exigence au cœur de l’École et transformer le modèle français sur France Info
Invité du 8h30 de France Info, Gabriel Attal est revenu sur ses priorités pour l’élection présidentielle et les transformations qu’il souhaite engager pour le pays. École, retraites, salaires, carburants, laïcité : il a défendu plusieurs propositions et appelé à concentrer la campagne sur les préoccupations des Français plutôt que sur les stratégies d’appareil.

Remettre l’exigence au cœur de l’École
Face à la baisse du niveau scolaire, Gabriel Attal a pointé l’instabilité qui a marqué l’Éducation nationale ces dernières années. Il estime que les changements successifs de ministres, dont il a fait partie, et de lignes politiques ont empêché d’inscrire les réformes dans la durée.
S’il est élu président de la République, il souhaite ainsi nommer un ministre de l’Éducation nationale pour cinq ans et veut également reprendre plusieurs mesures du « choc des savoirs » abandonnées par ses successeurs, notamment les groupes de niveau en français et en mathématiques au collège et l’obligation d’obtenir le brevet pour accéder directement au lycée.
Gabriel Attal souhaite aussi aller plus loin en rétablissant un certificat d’études à la fin du CM2 pour s’assurer de la maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul avant l’entrée au collège. Pour lui, faire progresser les élèves suppose de ne plus confondre bienveillance et renoncement. Évidemment, hors de question de sanctionner ceux qui échoueraient. Gabriel Attal propose ainsi la mise en place d’une “année passerelle” pour leur permettre de rattraper leurs difficultés.
« Laisser des élèves glisser de classe en classe alors qu’ils n’ont pas le niveau pour passer dans la classe supérieure, c’est le pire service qu’on peut leur rendre. »
Protéger les moins de 15 ans des réseaux sociaux
Gabriel Attal a également insisté sur l’impact des écrans et des réseaux sociaux sur la concentration, la mémorisation et, plus largement, les performances scolaires des jeunes.
Après avoir porté une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, il souhaite désormais soumettre directement cette question aux Français par référendum afin de permettre l’entrée en vigueur de cette mesure et construire au plus vite une bulle de protection autour de notre jeunesse.
« Je propose qu’il puisse y avoir un référendum sur le sujet, que les Français se prononcent et que cette mesure puisse entrer en vigueur. »
Retraites : changer le système plutôt que repousser encore l’âge légal
Sur les retraites, Gabriel Attal refuse de poursuivre la logique consistant à repousser régulièrement l’âge légal de départ. Il défend un système universel, avec les mêmes règles pour tous, fondé sur la durée de cotisation.
Il estime que le modèle actuel ne correspond plus à la réalité démographique du pays et pénalise notamment les personnes aux carrières hachées. Il souhaite également élargir les dispositifs de capitalisation existants pour permettre à tout le monde de bénéficier d’une part de capitalisation.
« On n’en est plus à bouger des critères ou des curseurs de notre système. On en est à changer notre système. »
Faire en sorte que le salaire net se rapproche du brut
Sur le pouvoir d’achat, Gabriel Attal veut réduire l’écart entre le salaire brut versé par l’employeur et le salaire net réellement perçu par le salarié. Pour y parvenir, il propose de réaliser des économies sur certaines dépenses sociales afin de pouvoir diminuer les cotisations pesant sur le travail.
Il cite notamment l’assurance chômage et les indemnités journalières parmi les pistes d’économies. Sur le SMIC, il estime que l’enjeu principal n’est pas uniquement son niveau, mais le nombre de Français qui y restent durablement. Son objectif : recréer de la progression salariale et permettre aux travailleurs de gagner davantage.
« Le problème, c’est la part des Français qui reste collée au SMIC toute leur vie. Il faut remettre de la progression salariale. »
Défendre la laïcité et l’interdiction de l’abaya à l’École
Enfin, Gabriel Attal est revenu sur la volonté de La France insoumise de supprimer l’interdiction de l’abaya dans les établissements scolaires. Il rappelle que cette décision, prise lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale, s’inscrit dans l’application de la loi de 2004 sur la laïcité à l’École et qu’elle a été confirmée à deux reprises par le Conseil d’État.
Cette interdiction reviendrait plus largement à remettre en cause l’application de la loi de 2004 et réaffirme sa volonté de préserver les enfants des influences religieuses dans l’enceinte scolaire.
« Pour les enfants, si on veut qu’ils puissent faire un choix éclairé plus tard, il faut qu’ils soient préservés de toutes les influences religieuses à l’École. »



