LCI : Gabriel Attal défend un projet de rupture pour répondre aux grands défis du pays

Invité de LCI, Gabriel Attal a défendu sa vision pour l’élection présidentielle autour d’un projet de transformation du pays. École, dette, immigration, réseaux sociaux, Ukraine, autorité : il veut porter des réponses concrètes aux préoccupations des Français et construire, au début de l’année 2027, un rassemblement autour d’un projet plutôt qu’un simple front contre les extrêmes.

Gabriel Attal sur le plateau de LCI

Construire un rassemblement autour d’un projet

Alors que la compétition s’accélère dans l’espace central, Gabriel Attal refuse de réduire la campagne à une bataille de sondages ou de personnes. Pour lui, le Rassemblement national et La France insoumise progressent parce qu’ils portent un récit et une vision auxquels il faut opposer un projet capable de convaincre une majorité de Français.

Il réaffirme son objectif de construire un rassemblement au début de l’année 2027 pour empêcher un second tour entre le RN et LFI, mais estime que celui-ci ne pourra fonctionner que s’il repose sur une vision commune. Ses quatre chantiers capitaux restent l’École, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle, avec un objectif : faire de nouveau de la France la première puissance d’Europe.

« Le rassemblement n’est pas une fin en soi. Il faut se rassembler autour d’une vision, d’un projet. »

Désendetter le pays avant d’augmenter les impôts

Sur l’économie, Gabriel Attal rejette la proposition de La France insoumise de « geler » la dette française, qui conduirait selon lui à une rupture avec les engagements européens et ferait perdre la confiance des investisseurs.

Il fixe un cap pour les finances publiques : revenir sous les 3 % de déficit en 2032 et atteindre l’équilibre en 2037, soit 120 milliards d’euros d’économies durant les cinq premières années. Parmi ses propositions : supprimer 100 000 postes dans la fonction publique et un échelon de collectivité territoriale.

Il refuse également d’augmenter les droits de succession et défend une ligne claire : rechercher d’abord les économies possibles avant de créer de nouveaux impôts.

« Regardons d’abord les économies qu’on peut faire avant de regarder ce qu’on peut taxer. »

Provoquer un électrochoc pour redresser l’École

Face à la baisse du niveau scolaire, Gabriel Attal veut remettre l’exigence au cœur de l’École. Il propose une loi de programmation sur cinq ans, un ministre de l’Éducation nationale numéro deux du Gouvernement maintenu durant tout le quinquennat et moins de 20 élèves par classe en moyenne à l’école primaire.

Il veut également augmenter les enseignants d’au moins 200 euros nets par mois, avec une revalorisation pouvant atteindre 500 euros pour les milieux de carrière.

Sur le niveau des élèves, Gabriel Attal propose davantage de redoublements, notamment en CP, le retour d’un certificat d’études à l’entrée en sixième, accompagné d’une classe passerelle pour ceux qui n’auraient pas le niveau, ainsi qu’un brevet obligatoire pour accéder au lycée.

Il défend également les groupes de niveau en français et en mathématiques et propose de fermer 100 collèges qu’il qualifie de « ghettos scolaires » pour renforcer la mixité sociale.

« Il faut un électrochoc et un plan complet pour redresser le niveau. »

Durcir les règles migratoires avec une “préférence travail”

Sur l’immigration, Gabriel Attal estime nécessaire de durcir les règles mais refuse les solutions qu’il juge inefficaces, comme les centres de renvoi installés dans des pays tiers, en raison de leur coût et du risque de dépendance vis-à-vis de ces États.

Il propose de modifier la Constitution pour instaurer une « préférence travail », réduire l’immigration familiale et étudiante au profit de l’immigration professionnelle et faire voter tous les deux ans par le Parlement des quotas limitatifs, définis notamment par métier, origine géographique et nationalité.

Il souhaite également s’inspirer du système canadien à points et renforcer la coordination au sein de l’espace Schengen pour éviter qu’un État membre puisse décider seul de régularisations massives ayant des conséquences pour ses voisins.

Faire face aux ingérences et à la désinformation sans interdire les réseaux sociaux

Gabriel Attal dénonce les campagnes de désinformation dont il dit faire l’objet sur les réseaux sociaux, notamment à travers de fausses informations diffusées depuis la Russie. Il rappelle que des ingérences numériques ont déjà pu influencer des scrutins dans plusieurs pays européens.

Il ne souhaite toutefois pas interdire X ou les autres plateformes. Il défend plutôt la transparence de leurs algorithmes afin que des chercheurs puissent établir s’ils orientent artificiellement les contenus proposés aux utilisateurs.

Il maintient parallèlement sa proposition d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, notamment pour protéger les jeunes du cyberharcèlement et de leurs effets sur la santé et l’estime de soi.

Continuer à soutenir l’Ukraine face à la Russie

Sur la guerre en Ukraine, Gabriel Attal distingue deux réalités : la France n’est pas en guerre contre la Russie, mais elle est, selon lui, attaquée par Moscou à travers les cyberattaques, la désinformation et les opérations d’influence.

Il réaffirme son soutien à l’Ukraine et défend la possibilité pour les Ukrainiens d’utiliser les armes qui leur sont livrées pour frapper en profondeur sur le territoire russe lorsqu’il s’agit de se défendre.

Interrogé sur une éventuelle participation française à la défense directe du ciel ukrainien, il estime que cette hypothèse ne peut pas être exclue mais qu’elle devrait être décidée en fonction de la situation militaire et en coordination avec les partenaires européens.

« On n’est pas en guerre avec la Russie. On soutient les Ukrainiens dans leur résistance face à la guerre que leur mène la Russie. »

Faire respecter la loi partout sur le territoire

Revenant sur son déplacement en Vendée consacré aux occupations illicites de terrains par des gens du voyage, Gabriel Attal assume d’être allé directement à la rencontre des personnes installées sur le terrain d’un agriculteur.

Il affirme respecter tous les modes de vie mais rappelle que chacun doit respecter les mêmes règles et les lois de la République. Pour lui, être sur le terrain signifie aussi accepter les confrontations et les désaccords avec les Français.

« Je respecte tous les modes de vie en France. Mais tous les modes de vie doivent respecter les lois de la République. »

Convaincre les Français autour d’une vision pour le pays

Gabriel Attal entend poursuivre sa campagne partout en France, au contact direct des Français. Au-delà des sondages et des rapports de force, il assume son ambition de gagner l’élection présidentielle en portant un projet sur l’École, les salaires, les frontières, l’intelligence artificielle, la dette, l’écologie ou encore la ressource en eau.

« Je pense que je peux la gagner. Je pense que je vais la gagner. Parce que j’ai un projet. J’ai une vision. »

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Questions fréquentes

Quelle est la proposition de Gabriel Attal sur la dette ?
Gabriel Attal fixe un retour sous les 3 % de déficit en 2032 et un équilibre budgétaire en 2037, via 120 milliards d'euros d'économies sur cinq ans, dont la suppression de 100 000 postes dans la fonction publique.
Que propose Gabriel Attal pour redresser l'École ?
Il propose une loi de programmation sur cinq ans, moins de 20 élèves par classe en primaire, une revalorisation des enseignants jusqu'à 500 euros nets et le retour d'un certificat d'études à l'entrée en sixième.
Quelle est la position de Gabriel Attal sur l'immigration ?
Il propose de modifier la Constitution pour instaurer une préférence travail, de faire voter des quotas par le Parlement tous les deux ans et de s'inspirer du système canadien à points.
Gabriel Attal veut-il interdire les réseaux sociaux ?
Il ne souhaite pas interdire X ou les autres plateformes. Il défend la transparence de leurs algorithmes et maintient l'interdiction d'accès aux moins de 15 ans.
Quelle est la position de Gabriel Attal sur le soutien à l'Ukraine ?
Il réaffirme son soutien à l'Ukraine et défend la possibilité pour les Ukrainiens d'utiliser les armes livrées pour frapper en profondeur sur le territoire russe à des fins défensives.
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