Chantier capital 03

Frontières

Nos frontières sont vitales, elles doivent être protégées.

Frontière française protégée par les forces de sécurité.
Les frontières, un des quatre chantier capitaux de la campagne de Gabriel Attal.

Faire le choix de la puissance dans un monde hostile

Je suis né en 1989, à la veille de la chute du mur de Berlin. Je n’ai pas connu le demi-siècle de paix en Europe, la stabilité par l’ONU ou les dividendes de la paix. La réalité du monde dans lequel j’ai grandi, c’est celle du 11 septembre 2001, des conflits quasi-permanents au Proche et au Moyen-Orient, du terrorisme islamiste, de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, sans même un simulacre de respect du droit international. Un monde dans lequel il y a toujours quelqu’un pour désigner notre pays comme son ennemi. Un monde enfin où la protection américaine ne va plus de soi.

J’ai été Premier ministre et donc responsable de la défense nationale. Je sais les enjeux devant nous. Et dans ce monde brutal, la puissance ne respecte que la puissance. Alors nous serons puissants. Nous allons nous renforcer, nous préparer. Nous allons continuer sans relâche à soutenir l’Ukraine. Nous allons continuer sans relâche parce que si l’Ukraine tombe, Poutine ne s’arrêtera pas là. Il s’en prendra à la Pologne, il s’en prendra aux pays baltes et donc il s’en prendra à nous. Le monde se réarme. Selon le SIPRI, le Stockholm International Peace Research Institute, les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 887 milliards de dollars en 2025, en hausse de 2,9 % tandis que les dépenses européennes ont augmenté de 14 % la même année. La France ne peut pas rester spectatrice d’un tel basculement.

Nous avons commencé notre réarmement avec des hausses historiques en matière de défense depuis 2017.
Il faut poursuivre et amplifier ce réarmement.

Une vérité simple s’impose à nous : pour rester un pays libre, pour défendre notre liberté comme celle de nos alliés, nous devons être un pays plus puissant. Pour affirmer notre force, je développerai quatre grands vecteurs de puissance :

  • nos capacités militaires ;
  • nos réserves humaines et opérationnelles ;
  • notre outil industriel ;
  • nos alliances.

Notre dissuasion nucléaire doit être un outil de puissance, à travers notamment la doctrine de dissuasion nucléaire avancée proposée par le président de la République.

Car la France doit être capable de dissuader, de se projeter, elle et ses alliés, de commander. La défense de l’Europe repose en partie sur nos épaules, nous devons les renforcer.

Mais nos frontières ne sont plus seulement physiques. Elles sont aussi délimitées par nos infrastructures critiques, nos données, notre énergie, nos matières premières, les réseaux sociaux, nos données personnelles.

L’ANSSI, Autorité nationale en matière de cybersécurité et de cyberdéfense en France, a traité plus de 4000 incidents de cybersécurité en 2024, soit une hausse de +15 % par rapport à 2023. Les attaques visant à paralyser nos systèmes informatiques ont doublé et les victimes connues de rançongiciels touchent particulièrement les PME, les collectivités, l’enseignement supérieur et les entreprises stratégiques. Les cyberattaques ne sont donc plus un sujet technique : elles sont une question de souveraineté et de continuité nationale. Si le pays, dans son ensemble, devient une cible, alors le pays, dans son ensemble, doit se préparer à résister.

Faire le choix de la souveraineté contre l’agressivité économique

Là où la France fait face à des attaques presque directes, elle doit aussi faire face à une autre menace économique, le déferlement des surcapacités industrielles chinoises. La Chine produit et produit trop. Pour assurer la croissance de son économie, elle inonde les marchés de produits à bas prix pour éliminer la concurrence, prend le contrôle de secteurs économiques stratégiques, domine les technologies d'avenir et construit des infrastructures qui rendent les autres pays dépendants d'elle. Face à cela, je défends une réponse en deux temps : d'abord se protéger, ensuite reprendre l'offensive.

  • Se protéger, c'est accepter de mettre en place des barrières commerciales claires : des taxes à l'importation ciblées sur les produits chinois vendus à perte (acier, voitures électriques, panneaux solaires), un contrôle strict des investissements chinois dans nos infrastructures les plus sensibles (ports, réseaux de télécommunications, centres de données) et une plus grande imperméabilité européenne (lorsqu’une entreprise chinoise est interdite de marchés publics dans un pays car elle bénéficie trop fortement de subvention d’État, elle doit être automatiquement interdite dans tous les autres). Il faut aussi réduire notre dépendance aux approvisionnements chinois dans des domaines critiques, comme les matières premières rares, les composants électroniques ou les médicaments, en relocalisant une partie de la production et en diversifiant nos fournisseurs à l'échelle européenne. 
  • Reprendre l'offensive, c'est faire de l'Europe un acteur de premier plan dans les technologies qui compteront demain : l'intelligence artificielle, le quantique, les énergies propres. L'Europe ne doit pas se contenter d'être un simple marché où d'autres vendent leurs produits. Elle doit produire, inventer et peser. Cela suppose des investissements massifs, menés en commun, au niveau européen, en s'appuyant sur les pays membres les plus déterminés, sans attendre l'accord unanime des 27. L'enjeu est simple : ne pas se retrouver soumis à la domination technologique de Pékin, comme nous l'avons déjà été face aux géants américains.

La Chine n’est pas un ennemi avec qui tout partenariat serait impossible, mais elle est un interlocuteur avec lequel il ne faut pas faire preuve de faiblesse.

Quant aux États-Unis, ils ont réactivé la guerre commerciale jusqu’ici régulée par des instances multilatérales dépassées. Ce retour de la brutalité remet en cause tous les fondements sur lesquels nos économies et nos sociétés se sont construites : c’est un tournant majeur.

Maîtriser l’immigration

Protéger nos frontières, c’est aussi maîtriser les flux migratoires, qui sont, aujourd’hui, trop souvent subis.

En 2024, 7,7 millions d’immigrés, soit 11,3 % de la population totale, et 6 millions d’étrangers, soit 8,8 % de la population, vivaient en France. La France a délivré 2,9 millions de visas en 2024. La même année, 157 947 personnes ont été enregistrées comme demandeurs d’asile, dont 130 952 primo-demandeurs.

Notre ligne est claire, ce que nous voulons, c’est accueillir moins pour accueillir mieux, privilégier l’immigration de travail au détriment d’autres types d’immigration comme le regroupement familial, qui doit être mieux encadré et qui doit donc diminuer.

Ce que nous voulons, c’est la préférence travail, où l’on accueille les compétences, les talents dont nous avons besoin sur la base d’un système à points comme au Canada, fondé sur des critères simples, une offre d’emploi stable, un logement, parler français, connaître nos valeurs et les respecter.

Mais les frontières, ce n’est pas seulement l’immigration. Les frontières, c’est notre indépendance énergétique, c’est notre souveraineté industrielle, notre souveraineté agricole, notre innovation. Les frontières, c’est notre capacité à réaffirmer notre puissance militaire. Dans un monde où la guerre refait surface, où les empires avancent, où les cyberattaques se multiplient, nous devons continuer à augmenter les moyens de notre défense et surtout, surtout, la préparer aux guerres de demain.

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