Gabriel Attal à Reims : bâtir les États-Unis d’Europe pour retrouver notre puissance

Ce jeudi 17 septembre, Gabriel Attal était à Reims pour prononcer un grand discours consacré à l’avenir de l’Europe. Au lendemain du discours d’Ursula von der Leyen sur l’état de l’Union, il a dressé le constat d’une Europe trop lente et trop divisée pour peser face aux nouveaux « continents-puissances ». Face aux États-Unis, à la Chine et à la Russie, qui défient notre sécurité, notre économie et nos valeurs, Gabriel Attal appelle l’Europe à franchir une nouvelle étape de son histoire. Pour empêcher son effacement et lui redonner toute sa puissance, il propose de préparer les États-Unis d’Europe.

Gabriel Attal devant son pupitre en train d'énoncer son discours

Face aux continents-puissances, l’Europe doit retrouver sa puissance

Le monde a changé. Nous sommes passés du monde des États-nations au monde des continents-puissances. La Chine attaque notre économie, la Russie menace notre sécurité et les États-Unis défient nos valeurs et nos intérêts.

Ces puissances tirent profit de nos divisions, tandis que le dérèglement climatique ne connaît aucune frontière. Pour Gabriel Attal, l’actualité démontre plus que jamais la nécessité pour les Européens de peser ensemble.

Or, l’Union européenne s’est elle-même attachée des boulets aux pieds : un marché commun mais encore trop d’obstacles entre les pays, une monnaie commune mais des financements fragmentés, des intérêts industriels communs mais des États qui continuent à se concurrencer.

L’Europe à 27 a atteint ses limites. Face à cette « vétocratie européenne », Gabriel Attal propose de franchir une nouvelle étape.

« Face à ce blocage, il n’y a que deux choix politiques possibles : le vieux cauchemar du Frexit ou un rêve nouveau, un rêve atteignable : préparer les États-Unis d’Europe. »

Faire des États-Unis d’Europe la mission d’une génération

Les États-Unis d’Europe s’inscrivent dans une longue histoire européenne. Nos grands-parents ont construit la paix autour de Robert Schuman et Jean Monnet. Nos parents ont bâti l’Union européenne, le marché commun et l’euro. Pour Gabriel Attal, notre génération doit désormais construire les États-Unis d’Europe.

Il ne s’agit pas de créer un nouveau pays, mais de réaliser une fusion économique, technologique et écologique entre un noyau dur de pays européens, afin de retrouver collectivement la puissance nécessaire pour défendre nos intérêts.

« Je ne veux pas que ma génération voie l’Europe devenir le 51e État américain ou la 24e province chinoise. Le temps de la vassalisation heureuse est révolu. »

Reconquérir 12 frontières technologiques

Le premier objectif des États-Unis d’Europe sera de partir à la conquête des frontières économiques, technologiques et écologiques qui feront la prospérité du XXIe siècle.

Gabriel Attal propose de concentrer les forces européennes autour de 12 grands projets, notamment dans l’intelligence artificielle, l’espace, la santé, la décarbonation et les technologies stratégiques. L’ambition est claire : permettre à l’Europe de maîtriser à nouveau les technologies dont dépendront sa prospérité et sa souveraineté, plutôt que de dépendre des États-Unis ou de la Chine. Car pour Gabriel Attal, la puissance, c’est la prospérité. Et la prospérité, c’est le pouvoir d’achat.

Un fédéralisme économique, technologique et écologique

Pour atteindre ces objectifs, Gabriel Attal propose un saut fédéral économique, technologique et écologique.

Aujourd’hui, une entreprise européenne doit encore composer avec 27 droits du travail, 27 systèmes fiscaux et des systèmes bancaires fragmentés. Ces frontières invisibles doivent disparaître.

La boussole sera la simplification : unifier nos économies, rapprocher nos impôts et nos taxes, notre droit du travail, nos banques et nos opérateurs télécoms.

Gabriel Attal propose également une union bancaire, une union des marchés de capitaux, un régulateur et un produit d’épargne européens, afin que l’épargne des Européens puisse davantage financer les entreprises et les projets du continent.

Les États-Unis d’Europe porteront également une seule politique industrielle, avec une planification par filières, une commande publique massive et une préférence européenne assumée.

Sur le plan écologique, Gabriel Attal défend la construction d’un « éco-continent » : planification écologique européenne, interconnexions et stockage de l’énergie, sécurité des approvisionnements, économie circulaire et dette commune pour financer l’adaptation au dérèglement climatique.

Constituer un noyau dur de pays volontaires

Gabriel Attal veut engager ce chantier dès le premier jour de son mandat.

La première étape sera de constituer un noyau dur de pays volontaires, en commençant notamment par les pays fondateurs : Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Luxembourg  mais aussi l’Espagne, le Portugal, les pays nordiques, les pays baltes et la Pologne. Le nombre de pays au départ n’est pas l’essentiel : l’objectif est de constituer un noyau uni, solidaire et puissant, qui formera l’avant-garde des États-Unis d’Europe. Le projet restera ouvert aux pays souhaitant le rejoindre, y compris au Royaume-Uni lorsque les Britanniques le souhaiteront. Et aucune seconde ne devra être perdue pendant les négociations : les coopérations renforcées déjà permises par les traités européens devront être utilisées au maximum.

Une Europe plus démocratique et plus proche des peuples

Enfin, Gabriel Attal veut en finir avec « l’Europe des sommets », trop éloignée des citoyens.Les États-Unis d’Europe seront dotés d’un Parlement composé des députés européens des nations participantes, sans créer une institution supplémentaire.

Ils auront également un président élu au suffrage universel, à l’occasion d’un véritable scrutin pan-européen, avec les moyens d’agir dans les domaines que les États auront décidé de mettre en commun.

« Les gouvernements passent mais les peuples restent. Si les peuples choisissent, alors ils sont indéfectibles. »

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