Gabriel Attal dans POLITICO : Europe, Ukraine, IA et finances publiques, quatre priorités pour préparer la France de demain
Invité de POLITICO ce jeudi 24 septembre, Gabriel Attal a détaillé plusieurs axes de son projet pour la France : bâtir les États-Unis d'Europe pour peser face aux grandes puissances, poursuivre le soutien à l'Ukraine, développer une intelligence artificielle souveraine et rééquilibrer durablement les finances publiques. Face aux bouleversements géopolitiques, technologiques et économiques, Gabriel Attal défend une même ambition : retrouver de la puissance et des marges de manœuvre, en France comme en Europe.

Bâtir les États-Unis d'Europe face aux continents-puissances
Face à la Chine et aux États-Unis, devenus de véritables « continents-puissances », l'Europe doit changer d'échelle. Gabriel Attal propose pour cela de bâtir les États-Unis d'Europe, autour d'un premier noyau de huit à dix pays prêts à aller plus loin ensemble.
« Face aux puissances américaine, chinoise et russe, je suis convaincu que les États-Unis d'Europe sont notre chance. »
L'objectif n'est pas de créer un pays unique ni de transférer les compétences régaliennes des États, mais de réaliser une fusion économique, technologique et écologique. Marchés de capitaux, fiscalité, droit du travail : les pays volontaires rapprocheraient leurs règles pour supprimer les frontières économiques qui subsistent encore entre eux. Aujourd'hui, la fragmentation européenne freine les entreprises et les investissements : 27 législations, 27 droits du travail et des marchés financiers encore largement nationaux. Pendant que les Européens se font concurrence, les États-Unis et la Chine concentrent leurs forces et leurs investissements.
« Avec l'UE, nous avons fait le marché unique. Avec l'euro, la monnaie unique. Ce que je vous propose aujourd'hui, c'est de faire une économie unique. »
Les États-Unis d'Europe doivent permettre de retrouver cette puissance collective tout en maintenant les compétences régaliennes entre les mains des États.
Soutenir l'Ukraine pour protéger les intérêts français
Il faut poursuivre notre soutien à l'Ukraine. Une défaite ukrainienne aurait des conséquences directes pour l'ensemble du continent européen, qu'il s'agisse de la sécurité, des flux migratoires ou encore du prix des matières premières agricoles.
« Soutenir l'Ukraine, c'est investir pour la France. »
Pour financer l'effort ukrainien et sa reconstruction, Gabriel Attal défend notamment la saisie des avoirs russes gelés, afin que la Russie paie le coût de la guerre qu'elle mène contre l'Ukraine. L'aide militaire européenne doit également répondre aux besoins exprimés sur le terrain. Alors que les Ukrainiens demandent notamment davantage de capacités sol-air, Gabriel Attal appelle les Européens à se coordonner pour leur apporter ce soutien.
Faire émerger une intelligence artificielle souveraine
Sur l'intelligence artificielle, Gabriel Attal défend une régulation internationale, sur le modèle de la coopération mise en place dans le domaine nucléaire. L'enjeu est de fixer des règles communes sans entraver l'innovation ni placer les entreprises européennes dans une situation défavorable face à leurs concurrentes américaines ou chinoises.
« Comme on l'a fait sur le nucléaire, on peut créer une régulation internationale de l'IA, qui n'entravera pas son développement. »
L'objectif est aussi de faire émerger une IA souveraine européenne, capable de transformer concrètement la vie quotidienne. L’État doit passer des commandes au lieu de distribuer des subventions. Gabriel Attal souhaite que tous les Français disposent un assistant médical IA et que tous les élèves aient un compagnon d'éducation IA. Ce ne sont pas des fonctionnaires qui les développeront, l'État les commandera à des entreprises privées pour faire émerger des géants de l’IA.
« L'IA que nous voulons sera souveraine et sera un gain pour les Français au quotidien. »
Pour financer cette IA souveraine, il faut investir la part de capitalisation proposée dans notre nouveau système de retraites dans l'innovation.
Rééquilibrer les finances publiques
Quand il était Premier ministre, Gabriel Attal a pris des mesures immédiates de réduction des dépenses de l'État : fin du bouclier tarifaire sur l'électricité, annulation de 10 Md€ de crédit, doublement des franchises médicales. Pour la première fois, les dépenses de l'Etat ont baissé. Il veut aujourd’hui engager un rééquilibrage profond des comptes publics. Il propose 150 milliards d'euros d'économies, dont les deux tiers porteraient sur les dépenses sociales. Cette trajectoire doit notamment passer par une refonte du système de retraites, une réforme de l'assurance-chômage, la suppression d'une strate de collectivités territoriales et un plan de départs volontaires dans la fonction publique.
Face au risque d'une nouvelle dégradation de la situation financière française, il prépare parallèlement un « plan de secours ». Mercredi, il a réuni plusieurs économistes et responsables économiques, parmi lesquels Natacha Valla, Olivier Blanchard, Xavier Jaravel, Laurence Boone, Antonin Bergeaud, Stéphane Boujnah et François Ecalle.
« Un plan de secours au cas où la situation se dégraderait à très court terme. »



