Gabriel Attal présente un plan de désendettement et un « Messmer II » pour sortir des dépendances françaises
Ce mercredi 23 septembre, Gabriel Attal a réuni sept économistes : Natacha Valla, Olivier Blanchard, Xavier Jaravel, Laurence Boone, Antonin Bergeaud, Stéphane Boujnah,François Ecalle aux côtés d’Agnès Pannier-Runacher et Paul Midy, co-responsables de son programme présidentiel, pour faire le point sur la situation économique et géopolitique et ses conséquences pour la France. À cette occasion, il a présenté deux axes : un plan de désendettement des finances publiques et un « plan Messmer II » visant à réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles.

Reprendre le contrôle face aux crises
Pour Gabriel Attal, les tensions internationales actuelles mettent en évidence la vulnérabilité de la France face à des décisions prises hors de ses frontières. L’affrontement entre l’Iran, les États-Unis et Israël et la fermeture du détroit d’Ormuz ont notamment des répercussions sur les prix de l’énergie en France.
Cette vulnérabilité est, selon lui, renforcée par deux dépendances : celle à la dette et celle aux énergies fossiles. Le déficit public devrait atteindre 5,4 % du PIB en 2026, tandis que la France importe 99 % de son pétrole et 98 % de son gaz. Les énergies fossiles représentent encore près de 60 % de la consommation finale d’énergie du pays.
Face à cette situation, Gabriel Attal fait de la reprise de contrôle économique et énergétique l’un des axes de son projet présidentiel.
Protéger en priorité les Français qui travaillent
À court terme, Gabriel Attal défend des mesures ciblées pour limiter l'impact de la hausse des prix de l’énergie sur les actifs.
Il propose notamment de revaloriser le barème kilométrique pour les salariés du privé, les indépendants et les agents publics, d’étendre le bonus électrique aux véhicules d’occasion et de financer la moitié du coût d’installation d’un boîtier E85.
Il soutient également l’élargissement des aides aux gros rouleurs et le relèvement à 1 000 euros de la prime carburant pouvant être versée par les employeurs sans charges ni impôts. Pour Gabriel Attal, la création d’une aide ne suffit pas : les personnes éligibles doivent être directement informées afin qu’elles puissent effectivement en bénéficier.
Un plan de 150 milliards d’euros d’économies
Gabriel Attal présente parallèlement une trajectoire de désendettement destinée à restaurer les marges de manœuvre financières de la France.
Son objectif : 150 milliards d’euros d’économies, dont les deux tiers sur les dépenses sociales, avec un retour du déficit public sous les 3 % du PIB avant la fin du mandat, un équilibre des comptes sociaux en 2032 et un retour à l’équilibre de l’ensemble des finances publiques en 2037.
Il propose également une loi de programmation économique, fiscale et énergétique sur dix ans, afin de donner davantage de visibilité aux ménages et aux entreprises, ainsi que l’inscription dans la Constitution d’une règle d’or destinée à encadrer les finances publiques.
Un « plan Messmer II » pour sortir des énergies fossiles
Deuxième pilier du projet : engager une nouvelle transformation énergétique du pays. Gabriel Attal propose de ramener la part des énergies fossiles dans la consommation française de près de 60 % aujourd’hui à 40 % à court terme, puis sous les 30 % en 2035, avec pour horizon la neutralité carbone en 2050.
Pour y parvenir, il veut accélérer l’électrification des usages : ouvrir le leasing social aux véhicules électriques d’occasion, leasing pour les pompes à chaleur et la géothermie, développement des réseaux de chaleur, du biogaz et de la biomasse, électrification des poids lourds et déploiement massif des bornes de recharge.
Sur le nucléaire, Gabriel Attal veut sécuriser la construction des 14 EPR et retrouver une capacité de construction en série, avec l’objectif d’atteindre un réacteurs par an.
Il défend aussi l’accélération des énergies renouvelables dans une logique de neutralité technologique.
Faire de l’électricité française un avantage stratégique
Gabriel Attal veut également agir sur le coût de l’énergie avec un prix de l’électricité autour de 75 €/MWh et des contrats inférieurs à 50 €/MWh pour les industriels les plus exposés à la concurrence internationale.
L’objectif affiché est de disposer durablement d’une électricité moins chère que les énergies fossiles, sans dépendre de subventions permanentes de l’État.
Cette production électrique doit aussi devenir un avantage compétitif pour l’industrie et l’intelligence artificielle françaises.
Retrouver une souveraineté sur les matières premières
Le plan entend enfin réduire une dépendance moins visible : celle aux matières premières indispensables à l’électrification, comme le lithium, le cuivre, le graphite, le nickel, le cobalt ou les terres rares.
Gabriel Attal propose de rouvrir le sujet minier en France et en Europe, d’intégrer l’accès aux matières stratégiques à la politique diplomatique et de faire de la France la première économie circulaire au monde, avec l’objectif de couvrir 30 % des besoins par la réutilisation et le recyclage.
À plus long terme, il souhaite réunir les meilleurs ingénieurs européens autour de la question de la fusion nucléaire et lancer un grand programme de recherche consacré à la fermeture du cycle nucléaire.
Demain, la fermeture d'un détroit à l'autre bout du monde ne doit plus vider le portefeuille des Français. Face aux crises et aux changements majeurs qui nous menacent, il n'y a qu'une solution : la planification. Avec un plan de désendettement et un plan de sortie des énergies fossiles, la France retrouvera la force d'agir. Et cette force, nous la démultiplierons avec les États-Unis d'Europe. Les crises peuvent appartenir au passé. Nous avons toutes les cartes en main.



