
Aux Rencontres économiques d'Aix-en-provence Gabriel Attal appelle la France à préparer les guerres de demain
Gabriel Attal lors des Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, le 3 juillet 2026
À l'occasion des Rencontres Économiques d'Aix-en-Provence, le grand rendez-vous annuel de débat entre responsables politiques, chefs d'entreprise, économistes et chercheurs, Gabriel Attal est intervenu lors de la plénière intitulée « Quelle ambition pour la défense française ? ». Face à un monde qui change à grande vitesse, il y a présenté sa vision de la défense française et les priorités qui devront guider notre stratégie : innover, accélérer, coopérer et renforcer notre souveraineté.
Les règles de la guerre ont changé
Pour Gabriel Attal, la guerre connaît aujourd'hui une transformation comparable aux grandes ruptures de l'Histoire.
L'essor des drones, de l'intelligence artificielle, du cyber ou encore des technologies quantiques bouleverse profondément les conflits. Désormais, la puissance ne se mesure plus seulement au nombre de chars ou d'avions, mais à la capacité d'innover, d'accélérer et de protéger ses infrastructures critiques.
“L'histoire a montré que les moments de rupture ne récompensent pas les plus puissants, ils récompensent ceux qui ont compris avant les autres que les règles du jeu ont changé.”
Innover, accélérer, coopérer
Gabriel Attal résume son ambition en trois priorités : innover, accélérer et coopérer.
Il propose un nouveau Livre blanc de la défense dès 2027 afin de revoir les priorités de notre stratégie militaire, ainsi qu'une revue complète des programmes pour adapter les équipements aux réalités des conflits actuels. Il souhaite également renforcer les investissements dans l'innovation, en particulier dans les drones et l'intelligence artificielle.
Pour Gabriel Attal, la guerre évolue désormais à l'échelle du mois et non plus de l'année. La France doit adapter ses processus à cette nouvelle unité de temps, ce qui implique de nombreux changements, notamment au sein de l'État et du ministère des Armées.
Enfin, il appelle à renforcer la coopération en Europe. Selon lui, si l'Europe veut être plus souveraine et indépendante, cela passe par une coopération industrielle, politique et de défense entre les États européens.
Tirer les leçons du SCAF
Revenant sur le programme SCAF, Gabriel Attal estime que son échec est le résultat d'objectifs différents entre les partenaires et d'une gouvernance inadaptée. Pour autant, il refuse d'abandonner l'ambition d'une Europe de la défense.
Selon lui, il faut préserver les développements technologiques déjà engagés, poursuivre les coopérations qui fonctionnent déjà avec plusieurs partenaires européens et construire de nouveaux projets à partir d'un besoin commun, d'un pilotage clair et des savoir-faire propres à chaque industriel.
La souveraineté se finance
Pour Gabriel Attal, « la souveraineté ne se décrète pas, elle se finance ». Il rappelle son objectif de retour à l'équilibre budgétaire en dix ans et défend une règle d'or dans la Constitution pour contraindre toute la classe politique au sérieux budgétaire.
Il revient également sur le financement de notre industrie de défense, rappelant qu'il existe deux manières de se financer : l'emprunt et les fonds propres. Si les PME et les ETI rencontrent aujourd'hui moins de difficultés sur l'emprunt, les difficultés demeurent sur les fonds propres.
Pour y répondre, il propose de déployer des fonds pour alimenter, soutenir et investir dans les entreprises de la défense, peut-être avec une coalition des industriels, comme ils ont été capables de le faire dans l'aéronautique avec le fonds Ace Aero Partners.
Une même ambition pour l'Europe

En marge des Rencontres Économiques d'Aix-en-Provence, Gabriel Attal s'est entretenu avec António Costa, président du Conseil européen.
Tous deux partagent une même conviction : l'Europe doit revendiquer sa puissance et ses valeurs sur tous les plans. Sur le commerce international. Sur l'industrie. Sur la défense. Sur le respect de nos normes sociales et environnementales.



