Gabriel Attal sur CNEWS et Europe 1 : « Il faut proposer aux Français un projet d’espoir »

Invité de CNEWS et Europe 1 ce 30 septembre, Gabriel Attal est revenu sur les blocages dans les lycées, la lutte contre l’antisémitisme, la situation budgétaire du pays et la réforme des retraites. Il a également défendu son projet pour la France autour de quatre priorités : l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle.

Gabriel Attal au micro de CNEWS avec un regard confiant

Blocages dans les lycées : rétablir l’autorité et faire évoluer la justice des mineurs

Face aux blocages dans plusieurs lycées, Gabriel Attal dénonce l’attitude de La France insoumise, qu’il accuse d’instrumentaliser les jeunes et de les encourager à se mettre physiquement en danger. Pour lui, cette stratégie contribue également à donner une mauvaise image de la jeunesse et s’inscrit dans une remise en cause plus générale de la police et de l’autorité.

« LFI se sert de notre jeunesse comme chair à canon politique. »

Face à la banalisation de la violence chez certains jeunes, la justice pénale des mineurs doit évoluer. Gabriel Attal rappelle avoir déjà fait évoluer la responsabilité financière des parents en cas de dégradations commises par leur enfant, afin que celle-ci ne repose plus uniquement sur le parent chez lequel le mineur réside. Il souhaite désormais aller plus loin, notamment avec une comparution immédiate pour les mineurs et une évolution de l’excuse de minorité.

« Si on veut des sanctions fortes, la justice pénale des mineurs doit évoluer. »

Cette exigence d’autorité doit aussi s’appliquer à l’école. Gabriel Attal propose des sanctions plus sévères et plus solennelles dès le primaire, avec notamment la mise en place d’un conseil de discipline et d’une échelle nationale des sanctions. Il oppose ces propositions aux prises de position de LFI et rappelle avoir avancé plusieurs mesures sur l’éducation, notamment sur le remplacement des professeurs, les rythmes scolaires, les conditions de travail des enseignants et leur rémunération. Gabriel Attal condamne également les propos de Bally Bagayoko sur la légitimité de la violence. Pour lui, un responsable politique ne peut pas envoyer un tel message à des jeunes, particulièrement dans un contexte de tensions autour des établissements scolaires.

« En tant que responsable politique, on ne peut pas dire que la violence est légitime. C’est un message terrible envoyé aux jeunes. »

Antisémitisme : « Le climat devient irrespirable pour les Français juifs »

Interrogé sur les propos antisémites attribués à Jordan Bardella, Gabriel Attal estime que, s’ils sont vérifiés, ils sont « choquants et graves ». Il souligne également que plusieurs personnalités du Rassemblement national ont déjà été mises en cause pour des propos antisémites et cite notamment Caroline Parmentier.

« Une série de cas isolés, ça fait un système. »

Plus largement, Gabriel Attal alerte sur le climat auquel sont confrontés les Français juifs, entre les accusations visant Jordan Bardella, les prises de position de LFI et les propos de Ségolène Royal. Il affirme vouloir combattre l’antisémitisme quelle que soit son origine politique.

« Aujourd’hui, le climat devient irrespirable pour les Français juifs. Je combats l’antisémitisme d’où qu’il vienne. »

Budget : éviter une crise de la dette

Sur les finances publiques, Gabriel Attal juge la situation grave et considère que la France doit impérativement se doter d’un budget pour éviter une crise de la dette. Il estime que les efforts de réduction des dépenses publiques ont été insuffisants depuis 2024 et reproche au RN et à LFI d’avoir contribué à revenir sur plusieurs mesures d’économie.

Cette dégradation des finances publiques a déjà des conséquences concrètes sur la vie quotidienne. Gabriel Attal prend notamment l’exemple d’un jeune couple de trentenaires en CDI qui souhaite devenir propriétaire mais rencontre des difficultés à emprunter dans un contexte de taux élevés.

Il prévient également que des mesures adoptées aujourd’hui auxquelles il s’oppose pourraient être remises en cause s’il accédait à la présidence de la République.

« Si des mesures avec lesquelles nous sommes en désaccord sont adoptées, je reviendrai dessus si je suis élu président de la République. »

Retraites : « On doit changer de système »

Face à la proposition d’Édouard Philippe de faire évoluer les paramètres du système de retraite, Gabriel Attal défend une transformation plus profonde. Selon lui, modifier uniquement l’âge de départ ou la durée de cotisation ne suffit plus : il faut changer le fonctionnement même du système. Il propose un système universel, avec les mêmes règles pour tous, ainsi qu’un système plus libre, sans âge légal de départ. Chacun pourrait choisir son moment de départ en fonction de sa durée de cotisation, avec une décote pour ceux qui partent plus tôt et une surcote pour ceux qui travaillent plus longtemps.Gabriel Attal souhaite également introduire une part de capitalisation dans le système de retraite. L’épargne ainsi constituée aurait notamment vocation, dans son projet, à contribuer au financement de l’innovation et de l’économie française.

« On doit assumer qu’on est au bout d’un modèle, d’un système, et qu’on doit le changer. »

Un projet autour de quatre piliers

Au-delà des débats sur les alliances ou les « barrages », Gabriel Attal estime qu’une élection présidentielle doit d’abord être l’occasion de présenter un projet aux Français. Il structure le sien autour de quatre piliers : l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle.

« Le seul barrage au RN ou à LFI n’est pas un projet politique. Il faut proposer aux Français un projet. »

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